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Les Mayet et l'horlogerie |
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Pierre MAYET est le neuvième
représentant d'une lignée d'horlogers qui remonte à
1648. Il a la gentillesse de m'autoriser à intégrer dans
ce chapitre son intéressante étude sur la "saga des
Mayet". La voici :
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également le texte de JB. MUNIER sur l'Horlogerie
de Foncine
Avant de parler "horloge" et "Mayet", une précision s'impose: l'horlogerie n'a pas été inventée à Morbier. II y a des siècles que d'habiles artisans, dans plusieurs pays d'Europe, fabriquent des horloges, mais ce sont des pièces uniques, faites sur commande et réservées à une élite. Ce que les MAYET ont inventé, en créant une horloge simple, robuste et facilement reproductible, c'est l'horlogerie populaire. Cette horloge se répandra bientôt au delà des limites régionales et nationales sous le nom de "Comtoise" ou même de "Morbier". C'est dans ce sens que Morbier s'est vu qualifié du titre de "berceau de l'horlogerie". C'est à cette famille MAYET que 1' on doit 1'introduction de l'horlogerie à Morbier et le développement d'un artisanat rustique puis d'une industrie connue et reconnue. Si les premiers qui y ont attaché leur nom étaient réellement des frères, l'habitude s'est installé d'appeler LES FRERES MAYET aussi bien les pères, fils, neveux que cousins. II faudrait dire plus simplement LES MAYET, car ce n'est pas moins de douze générations qui se sont succédées dans l'art de la mesure du temps. Bien qu'il reste encore des zones d'ombre dans cette lignée, il est certain qu'ils étaient déjà implantés à Morbier avant 1550, et ils n'étaient pas "tout nouveaux venus" puisqu'ils ne sont pas moins de cinq chefs de famille à représenter la communauté de Morbier, dans l'accensement (1) de la montagne du Risoux fait le 12 Septembre 1549 par l'Abbaye de St Oyend aux habitants de Morbier, la Mouille et Bellefontaine, à savoir, Nicolas MAYET Jean MAYET, Louis MAYET, Claude MAYET dit GERICO et Ciles MAYET fils de Nicolas. On retrouve leurs enfants le 20 Juillet 1570. dans l'accensement de la montagne des Buclets aux habitants de Morbier: Jacques MAYET fils de feu Louis, Antoine MAYET fils de feu Nicolas, Claude MAYET fils de feu Jean, Louis fils de feu Ciles et Claude MAYET dit GERICO. D'où viennent les MAYET ?
II n'y a pas de document d'époque
sur ce point, mais une solide tradition orale dit que les MAYET seraient
venus de Taninges en Faucigny (Haute-Savoie) fuyant la persécution
protestante, et appelés par les religieux de l'Abbaye de St Claude
sur leurs terres, encore dépeuplées depuis les pestes du
14ème siècle. Si certains auteurs les font venir de Suisse,
ce n'est que par une double méprise, Taninges, quoique proche de
Genève, n'a jamais fait partie du Comté de Gex, et ce canton
n'est rentré dans la Confédération Helvétique
qu'en 1815, quelques années après celui de Vaud. Il est
bon de rappeler que du 15ème au 18ème siècle le Duché
de Savoie englobait, entre autres, le Bas Valais, le comté de Genève
et le pays de Vaud, et de ce fait venait jusqu'au Noirmont. Même si ces possessions
ont été peu à peu usurpées par les seigneurs
locaux, l'Abbaye de St Oyend a gardé des relations suivies avec
Agaune jusqu'à sa sécularisation en 1752. Au 12ème
siècle par contre, ce sont des moines d'Abondance en Chablais qui
viennent revivifier l'Abbaye en Grandvaux et ceux de la Grande Chartreuse
en Dauphiné fonder celle de Bonlieu.
Que sont les MAYET ? Toujours selon la tradition, forgerons
(il faut entendre forgeron dans son sens de l'époque, c'est à
dire très large, d'artisan du fer). Mais il est fort probable qu'ils
avaient déjà des connaissances en horlogerie, en raison
du voisinage de Genève qui était dès le 14ème
siècle une capitale en la matière: pour nous affermir dans
cette opinion, les deux MAYET horlogers que nous venons de voir, en même
temps que la famille Gruet importe à Septmoncel, en 1550, l'industrie
de 1'horlogerie, inconnue jusqu'alors dans le Jura. La tradition ! MAYET la copia, en fit une semblable en fer, qu'il réussit parfaitement; elle n'était comme l'originale qu’à heures et à demies et marchait au moyen d'un ressort spiral. Ce succès enhardit assez MAYET pour qu'il fit d'autres horloges sur ce même modèle. Secondé par ses frères, il livra bientôt au public un certain nombre de pièces de sa fabrication et créa ainsi dans son pays l'industrie qui n'a cessé depuis de progresser dans la contrée est d'enrichir celle ci.
Le Portier des Capucins ne
vient pas à Morbier par hasard, car il devait sans doute savoir
que c'était un artisan de Morbier qui avait réparé
1'horloge de la Tour en 1643. La mention d'un ressort spiral est certainement
une erreur car il n'y avait, à cette époque, de ressort
spiral que sur les montres. Ce forgeron est sans doute Claude MAYET, et
comme on ne lui connaît pas de frère à Morbier, i1
faut comprendre que c'est avec ses fils qu'il se lance dans la fabrication
des horloges.
Cette activité spécifique n'exclue pas le formidable essor donné en même temps à l'horloge d'appartement, la fameuse "Comtoise". Forts de leur première réussite, les MAYET se mettent à fabriquer, pour leur propre compte, des horloges, en y apportant progressivement des améliorations, soit de leur propre invention comme l'échappement à double levier qui porte leur nom, soit de celles dont ils ont connaissance. En 1793, le mathématicien Antide Janvier, né en 1751 à Lavans les Saint Claude et qui deviendra plus tard l'horloger attitré du roi Louis XVI, vient se réfugier aux Chalettes et transmet aux horlogers locaux ses techniques pour une meilleure précision de la taille des rouages et une plus grande finesse de l'exécution. La production horlogère de Morbier dépassera vite le cadre local pour laisser sa marque dans plusieurs régions de France.
De la branche restée à
Morbier, on retiendra les noms de Pierre Claude (1677-1751) maître
horloger et échevin, constructeur de l'horloge de l'ancienne église
de Morbier, où il sera enterré avec son épouse Clauda
BAILLY (leur pierre tombale a été transférée
dans la nouvelle église où elle est soigneusement conservée);
de Pierre Célestin (1766-1822), maire de Morbier en 1800, arrière-arrière
petit-fils de Pierre Claude; de Jean Joseph Augustin (1789-1860), fils
du précédent et fabricant de l'horloge de la nouvelle église;
de François Célestin, maire de Morbier de 1837 à
1862, au moment de la construction de cette église, et lui aussi
arrière-arrière petit-fils de Pierre Claude. 1) accensement : convention par laquelle on prenait une terre à cens ou à rente foncière. 2) dardelier : artisan fabricant des outils en fer fixés à une hampe de bois.
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Les Mayet à Grenoble |

Au cours du dernier 1/3 du XIXème
siècle les paroisses vont équiper en grand nombre leurs
églises d'horloges monumentales. C'est ainsi qu'un horloger Grenoblois,
d'origine Franc Comtoise nommé Chavin, fit appel aux frères
Mayet de Morbier, dont la renommée dans cette spécialité
était connu. Il recruta Jules (7ème génération)
qui va épouser Joséphine Bard en 1879 à Varces. Ils
auront 3 enfants: Léon né en 1880, Henriette en 1882 et
Louise en 1887.
En 1887 ils ouvrent un magasin d'horlogerie bijouterie à Grenoble où Jules exerce son métier d'horloger. Léon (8ème génération) va faire son apprentissage horloger à l'Ecole Nationale d'Horlogerie de Cluses (promotion 1895-1898) d'où il sortira avec la Médaille d'Argent. Il y sera l'élève d'un jeune professeur, Charles PONCET. Léon va développer l'activité d'horlogerie monumentale dans toutes les régions autour de Grenoble, en Chartreuse, Vercors, Trièves et dans la vallée du Grésivaudan. Il s'intéressa très tôt à la distribution d'heure électrique dans les bureaux, les usines, les écoles et fut le 1er, à Grenoble, a construire un récepteur radio (que l'on appelait TSF) afin de capter les signaux horaires émis depuis la Tour Eiffel à l'intention des navires en mer. Il exploite en même temps un commerce d'horlogerie bijouterie, avec un atelier de réparations de montres où travaillent 2 horlogers, et un commerce de radio qui va s'arrêter avec la guerre en 1940. Léon va prendre part à la 1ère Guerre mondiale avec le grade de Capitaine. Il en reviendra amputé du bras gauche et sera honoré de la distinction d'Officier de la Légion d'Honneur et de la Croix de Guerre. Il va se marier en 1920 et aura 4 enfants dont 2, Pierre et Jean, vont devenir à leur tour horlogers. Pierre (9ème génération) va naître en 1923. Il va apprendre son métier à l'Ecole Nationale d'Horlogerie de Cluses (promotion 1939–43). A la fin de son apprentissage il est appelé immédiatement aux Chantiers de Jeunesse et pendant 2½ ans va suivre les pérégrinations des garçons de son âge, travail en usine, FFI, Armée, pour finalement être démobilisé en décembre 1945, juste à temps pour prendre le relais de son père qui va décéder le 13 avril 1946. Les destructions provoquées par les évènements du Vercors vont l'amener rapidement à remettre en état les horloges de cette région, tout en redémarrant l'activité d'horlogerie industrielle. Jean (9ème génération) va rejoindre son frère Pierre, après un apprentissage horloger à Grenoble. En 1956 Pierre et son épouse Andrée ont l'opportunité de reprendre le magasin d'Horlogerie Bijouterie des frères Wegelin, dont le père était un horloger Suisse, originaire de la région du lac de Constance. L'activité d'horlogerie industrielle et monumentale est abandonnée et chacun des 2 frères Mayet se consacre dans leurs magasins respectifs à une activité purement HBJO. Pierre va avoir 5 enfants, dont 4 travaillent aujourd'hui dans l'affaire familiale. Jean aura également 5 enfants et va poursuivre l'activité HBJO dans le magasin familial, à l'enseigne MAYET, avec son fils Philippe. Le fils de Pierre, Marc (10ème génération), né en 1956, va faire son apprentissage horloger au Technicum de La Chaux de Fonds où il est l'élève de Jean Claude NICOLET de 1976 à 1978. Il va s'initier ensuite pendant un an à la joaillerie dans un atelier réputé, puis il ira suivre les cours de l' IPC de La Bouloie à Besançon.
Marc exploite aujourd'hui la Bijouterie
Wegelin, secondé par deux de ses sœurs : Marc ayant 2 fils, âgés
de 10 et 8 ans, la 11ème génération existe en puissance,
mais on ne peut préjuger de l'avenir. Pierre MAYET (9ème génération) La liste
ci-dessous ne comporte que des horlogers ayant fait un apprentissage.
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L'horlogerie de Foncine |
Un site consacré à Foncine le Bas ne peut pas ne pas accompagner le mémoire de Pierre MAYET de quelques lignes sur les horlogers et les "horloges de Foncine" qui ont, eux aussi, eu leurs heures de gloire. Le livre du père DOUDIER "Villages Comtois sous la Révolution et l'Empire", édité en 1979, est dans toutes les familles. Celui du docteur J.B. MUNIER, édité en 1874 est malheureusement introuvable. Voici son chapitre sur l'horlogerie. On y apprend que l'un des 4 frères MAYET s'est fixé à Foncine le Haut où sa belle maison était encore connue sous le nom de Maison Mayet. Il n'y a plus d'horlogers à Foncine, la dernière horlogerie a disparu en 1932. Ceux qui travaillaient encore dans les fabriques d'horloges ou de montres le font dans la vallée de Joux. Mais en 1874 l'horlogerie était l'une des activités principales des Foncines. |
La principale industrie des Foncines depuis les temps les plus reculés a été l'horlogerie. Il est fort difficile de fixer d'une manière précise l'époque où l'horlogerie a pris naissance à Foncine, toute fois nous pouvons dire que dès le 15e siècle elle avait pris droit de domicile en Suisse. Car nous voyons Just Birge, né en Suisse en 1552, compter parmi les hommes les plus distingués dans cette industrie; or il est probable, que c'est à une date peu éloignée de celle là, qu'elle a commencé à être connue dans nos parages dont les rapports avec la Suisse ont été constants. Si on en croit une tradition non contestée, l'horlogerie dans les hautes montagnes devrait sa naissance aux frères MAYET, qui, fuyant la persécution des sectateurs de Calvin étaient venus s'établir, voici comment on raconte ce fait : vers l'an 1660, le frère portier des capucins de Saint Claude se trouvant à Morbier, se serait informé près du curé de ce village si parmi les ouvriers de la localité, s'occupant de machines et d'ouvrages en fer, il n'en rencontrerait pas un capable de réparer l'horloge de son couvent qui se trouvait dérangée; celui-ci l'adressa aux frères MAYET (ils étaient quatre) s'occupant de travaux de serrurerie, ils voulurent voir l'horloge qu'ils trouvèrent vieille et usée et non susceptible de réparations, les frères MAYET en copièrent alors exactement les rouages et en firent une semblable qui marcha parfaitement au moyen d'un ressort en spirale, on n'avait pas encore fait l'application du pendule aux horloges. Ce succès les enhardit et dès lors ils s'adonnèrent exclusivement à la construction des horloges, comme à cette époque on n'avait pas perfectionné les outils propre à cet art, tout se faisait à la main et les divisions au moyen du compas, des roues et des pignons constituaient alors tous les rouages, ceux qui les construisaient fabriquaient eux-mêmes toutes les pièces, aussi dans ces temps un pareil travail était un ouvrage de longue haleine et d'un grand prix, ces horloges étaient massives, informes, un simple cercle de laiton faisait l'office du cadran.
En 1675, Hugghens, astronome hollandais, fit l'application du pendule de Galilée à l'horlogerie, mais cette découverte ne pénétra que quelques années après dans les montagnes du Jura, les frères MAYET ayant eu connaissance de ce perfectionnement, construisirent une horloge avec un pendule, mais lorsqu'elle fût achevée, ils ne parvinrent pas à la faire marcher. Ils étaient même sur le point de la mettre au rebut, lorsqu'ils apprirent qu'un Bourgeois de Genève, en possédait une avec la modification apportée par Hugghens, l'un d'eux se rend aussitôt à Genève afin de l'examiner, à son retour ses frères l'attendaient sur la porte, dès qu'il les aperçoit, il leur crie en patois : "Embrez la", mettez en mouvement le pendule, l'impulsion donnée, l'horloge marcha parfaitement, à la grande satisfaction des frères MAYET fort surpris de n'avoir pas songé plus tôt à faire osciller le pendule. Bientôt après, l'un des frères MAYET s'établit à Belle-Fontaine et un autre vint se fixer à Foncine le Haut où il édifia une belle maison qui existe encore de nos jours et qui a toujours porté le nom de maison Mayet, il est probable que l'horlogerie existait déjà à Foncine et que les frères MAYET ne vinrent s'y fixer que pour se procurer plus aisément des ouvriers et y établir une maison pour servir d'entrepôt au commerce d'horlogerie qu'ils voulaient établir sur une plus vaste échelle. Dès cette époque l'horlogerie s'implanta tellement à Foncine, elle s'y généralisa tellement que Foncine était en possession de fournir des horloges et des horlogers à toute la France; en effet, dans toutes les villes, partout et dès une époque très ancienne, vous trouvez des horloges sorties de Foncine et même autrefois les horloges de cuisine n'étaient connues que sous le nom d'horloges de Foncine. Malheureusement personne n'a fait une collection de pièces d'horlogeries fabriquées anciennement à Foncine, cette collection nous eût démontré et l'époque où l'horlogerie y avait pris naissance et les phases par lesquelles elle avait passé. Mais toutefois nous avons été assez heureux pour trouver entre les mains du sieur Jeannin Delphin, adjoint au maire de Foncine le Haut, descendant d'une famille d'horlogers qui avait fondé un établissement d'horlogerie dans la ville d'Albi, chef lieu du Tarn, nous avons été, disons-nous, assez heureux de trouver une pièce ancienne qu'il a, sur notre invitation, consenti à offrir au musée naissant de Poligny.
Cette pièce par sa construction remonte à une époque antérieure à la montre et se rattache aux essais que l'on faisait pour rendre l'horlogerie portative, elle pourrait avoir été faite sur la fin du XVe siècle et démontre que l'horlogerie était déjà en progrès à cette époque à Foncine et qu'elle n'avait point attendue pour y naître l'arrivée des frères MAYET, qu'ainsi que nous l'avons déjà dit, ils étaient venus à Foncine parce qu'ils pouvaient plus facilement y exercer leur art et leur commerce. Le ressort n'était point encore connu, car cette pendule ou horloge plus petite est à éperon mue par deux poids, la quadrature diffère des autres pièces, elle ne présente qu'une aiguille à heure et point à minute, le cadran de forme ancienne, marquant les heures, les demies et les quarts, a été construit sur cuivre comme cela se pratiquait avant que l'émail fut employé à cet usage. Il y a aussi un réveil, cette pièce est gracieuse, bien soignée et marque la transition de l'horlogerie pour arriver à la montre, sous ce rapport elle mérite de figurer dans un musée et n'en sera pas, comme objet antique, une des plus faibles parures. En 1679, Daniel, Jean-Richard, dit Bressel, né à la Sagne, en 1655, ayant vu une montre apportée d'Angleterre qui s'était détraquée en route, entreprit de la remettre en état, ce à quoi il parvint, puis se rendit en Angleterre pour étudier la confection de la montre.
De retour dans son pays, il implanta la fabrication de ces petites horloges portatives, c'est donc à ce modeste ouvrier que le Locle et la Chaux de Fond doivent leur prospérité; sa renommée s'étendit jusqu'à Foncine et bientôt il compta au nombre de ses élèves les FUMEY, les DACLIN, les JEANNIN, les PETETIN, et cette industrie, aussitôt acceptée dans nos parages, engagea ceux qui la connaissaient à s'étendre au loin, attirés par l'espoir de faire fortune; aussi, comme nous l'avons déjà dit, il y a peu de localités importantes qui n'aient vu de nos compatriotes venir s'y fixer comme horlogers. Plusieurs maisons firent le commerce de l'horlogerie, nous pouvons compter les MAYET d'abord, les FUMEY, les MARTIN, les POUX, ensuite vient la maison JACQUIN qui cessa vers 1814, aussi c'est dès ce moment que le commerce d'horlogerie a pris plus d'extension à Morez, qui a eu soin d'attirer à lui nos meilleurs ouvriers. Au moment de la révolution de 1789, la France qui avait besoin d'armes, fit entrer tous les soldats sortis des Foncines dans les ateliers où l'on fabriquait les armes, et si nos compatriotes furent clair semés dans les armées, il n'en contribuèrent pas moins puissamment à la défense de la patrie en préparant les instruments de nos victoires. Au concours universel de Paris, un des enfants de Foncine le Haut, le sieur Jean-Marie FUMEY, représenta noblement l'industrie horlogère des Foncines, une médaille lui fut délivrée pour les améliorations et la parfaite confection de sa pièce jugée la plus précise du concours. Lorsque par suite de l'Edit du Gouvernement de Genève, les horlogers de cette ville qui ne jouissaient pas du droit de bourgeoisie durent renoncer à leur profession ou s'expatrier, un certain nombre d'artistes qui préférèrent l'exil à l'abandon de leur art, vinrent chercher un asile dans le haut Jura, où ils purent continuer en liberté l'exercice de l'horlogerie, ils furent de précieux auxiliaires pour les constructeurs d'horloges, qui en étaient encore au mode de fabrication que leur avaient légué les frères MAYET; mais cette industrie ne devait être complètement transformée et prendre une extension considérable que par sa création des horloges pour châteaux, clochers, monuments publics;
ce fut l'oeuvre d'un franc-comtois, d'Antide JANVIER qui vint passer les années 1791 et 1792 à Morez, cherchant à faire oublier dans sa retraite ses anciens rapports avec la cour, il consacra le séjour qu'il fit dans le Jura à enseigner l'horlogerie à quelques ouvriers habiles, qu'il réunit sous sa direction pour leur développer les principes fondamentaux de l'horlogerie, on croit que c'est à ses enseignements que deux de nos compatriotes, François FUMEY, dit François chez Simon, et JEANNIN dit Fenri à la Mimi, ont dû devenir des ouvrier aussi distingués qu'ils l'étaient. C'est grâce à ses leçons que les horloges dites de comté acquirent une supériorité marquée sur celles de la Forêt-Noire, qui, construite en bois et en cuivre, ne marchent que vingt-quatre heures, demandent de fréquentes réparations, et dont la vente ne s'explique que par le bas prix auquel on peut les livrer, les horloges de Foncine et de Morez, du Jura en un mot, construites en fer, en acier et en cuivre, solidement établies, reposent sur les vrais principes de la mécanique, marchent de huit à quinze jours et n'exigent que de loin en loin des réparations; enfermées dans des caisses de sapin verni, solidement établies, qu'on tire en grande partie des Rousses mais surtout des Foncines où cette industrie a son siège depuis très longtemps et qui compte un bon nombre de fabriques dirigées par des ouvriers habiles et intelligents. |