Chaux des Crotenay, le château
|
Il a été construit au XI ième siècle par la famille de Commercy, qui possédait aussi celui de Château-Vilain. Les deux sont parmi les derniers à avoir été élevés car en 1301 le duc de Bourgogne avait imposé à Jean de Chalons-Arlay de n'en plus construire.
Pourquoi un château ici ?
A ses pieds passait la route du sel qui méritait toutes les attentions. De là on pouvait surveiller la route venant de Cornu, celle venant des Planches par les Etroits, le col du Gyps tout proche et les chemins qui conduisaient à Morillon. Il y avait d'ailleurs des châteaux ou châtelets un peu partout.
En 1503 c'était un monument superbe. Voici à son sujet, un texte ancien rapporté par J.B.Munier .
Weimar qui avait dirigé toutes les opérations depuis le fort de Joux ou Nozeroy où il venait souvent se divertir auprès de Guébriand, mit en feu toutes nos montagnes. Il avait laissé garnison à Joux, Nozeroy, Château-Vilain et la Chaux et était allé à Brisach où il mourut en trois jours du charbon de la peste, le 18 juillet 1639. En quittant notre pays il regretta plus d'une fois ouvertement de n'avoir pas mis le feu aux forêts du Jura pour ôter aux populations les moyens de rétablir leurs demeures.
Le 14 mai, le baron d'Arnans, aidé de Lacuzon, reprend cette place, et de là, harcèle les français et jusqu'en 1644 la guérilla continue autour de Chatelneuf, du château de l'Aigle, de la Savine, de Chaux-Neuve etc.. Les suédois se répandent de villages en villages, ravageant, pillant, incendiant tout, détruisant l'herbe et les blés avant maturation. Lacuzon se rend célèbre. Un traité de1644 puis celui de Munster en 1648 ramènent provisoirement la paix. Mais l'armée française occupe la Comté. Comme les autres, le canton des Planches doit héberger des cavaliers. Il devait ètre fourni à chacun, 20 livres de foin, 10 livres de paille, 3 picotins d'avoine, 2 pains de 24 onces, une pinte de vin, deux livres et demi de viande, la place au feu et à la chandelle de l'hôte, un lit, un pot et une écuelle; En 1668, la France rend la Franche Comté à l'Espagne, mais avant de partir Louis XIV fait démolir toutes nos forteresses, sauf celle de Château-Vilain dont le seigneur avait pactisé avec les français. Le 8 novembre 1793 le Gouvernement de la Révolution ordonnera la démolition de ce château, où était né Etienne Monnier, au motif que " cet ancien chef-lieu de la baronnie, était dangereux à la liberté dans un pays aussi fanatique." Sa démolition ne se fit en fait que vers 1810 pour fournir les matériaux nécessaires à la reconstruction des usines de Bourg de Sirod.
En 1673 le marquis de Listenois se retire avec 25 chevaux au château de la Chaux des Crotenay et, selon un texte rapporté encore par J.B.Munnier : "C'était autrefois un lieu important où les seigneurs du nom de Poupet avaient dressé une riche bibliothèque ; déjà aux dernières guerres, sous Louis XIII, on en avait dissipé une grande partie, ils brûlèrent le reste pour se chauffer faute de bois, ils déplanchèrent même toute l'habitation". En janvier 1674,les
français reviennent. En six mois ils ont conquis la Comté
qui cesse aussitôt d'ètre, dans les faits sinon dans le
nom, la Franche-Comté. Les embuscades, les attaques soudaines
n'y font rien. Les enfumés de Weimar n'ont pas leurs pareils
pour enlever les convois, enclouer les canons, rafler les traînards,
mais sitôt pris, sitôt pendus. Ce fut la fin du château de la Chaux et, pour citer encore J.B.Munier "la Franche et libre terre de Bourgogne perdit le beau nom qui avait fait sa fierté et sa gloire, car ce mot Franche-Comté n'était plus qu'un non-sens du moment qu'elle devenait une province française". Classée parmi les pays conquis, la Franche Comté est soumise à une multitude d'impôts : grosses dîmes, menues dîmes, vertes dîmes, dîmes novales, le seigneur se réservant les droit de chasse, de pèche, de colombier, de garenne Une des plus lourdes charges était la corvée. A certains jours on voyait des officiers royaux parcourir les campagnes et chasser devant eux, comme un troupeau de bétail, ces malheureux que l'on amenait à plusieurs lieues de leurs chaumières pour construire des chemins publics, en ne leur accordant ni substance ni salaire. Le 13 juillet 1700 un fermier général pouvait écrire "il y a beaucoup de gens en Bourgogne qui ne consomment aucuns sels, la pauvreté où ils sont actuellement de n'avoir pas de quoi acheter non pas du blé ni de l'orge, mais de l'avoine pour vivre, les oblige de se nourrir d'herbe et même de périr de faim". Extrait des "Recherches Historiques sur les Foncines " de JB. Munier Un passage secret A l’intérieur, on remarque dans l’appartement de la princesse une armoire fort commune et dont on ne s’aviserait pas de soupçonner la destination; c’est le vestibule de l’appartement des jeunes demoiselles; les battants même étant ouverts , on ne voit qu’une armoire encore; un secret fait ouvrir une partie du fond et vous avez le passage dans un petit escalier par lequel on grimpe à deux cabinets boisés qui se communiquent et dont les fenêtres sont disposées de manière à ne pouvoir donner d’espérance aux plus hardis des galants |